Semaine du 26 avril 2026

Découvrir notre Sauveur !

 

Un ami prêtre de passage à Ars avec le Service des Vocations de son diocèse me confiait, émerveillé, sur le quai de la gare : « Il y a des grâces à Ars, et j’en ai goûté ! ». « Tant mieux ! », me disais-je pendant le retour. Mais de quoi s’agissait-il ? Tout simplement, un chrétien de passage s’était tourné vers lui pour demander et recevoir le Sacrement de Réconciliation, le pardon de Dieu. Évidemment, tout secret étant gardé, le prêtre se voyant interpellé pour ce sacrement n’a pas eu le temps de conduire le pénitent vers le ‘confessionnal’, ni vers le prêtre mandaté à cet office : il a répondu directement (et m’en a informé par la suite).

Nous comprenons alors aussi, en retour, la joie du prêtre d’avoir permis que soit « conduit vers le Ciel » (nous connaissons la phrase !) celui qu’il lui était donné de rencontrer subrepticement, et tout à fait inopinément… et d’être constitué, pour lui, comme serviteur de l’Unique Pasteur : Jésus-Christ.

Voilà ce qui dévoile aussi celui qui se dit chrétien : il ne se contente pas de choisir le bien et de vivre honnêtement comme doit le faire toute personne humaine…. Il va suivre Jésus de Nazareth, le Ressuscité, victorieux du mal et de la mort… Il va chercher à connaître toujours davantage combien le Père des Cieux est bon en contemplant l’Envoyé du Père dans les Évangiles (nom qui est donné souvent à Jésus-Christ dans l’Évangile de Saint Jean) … C’était tout le sens de cette ‘livraison entre les mains du Seigneur’ de la part du pénitent, tout heureux de non seulement décharger le fardeau de ses péchés entre les mains de Dieu, mais encore plus heureux de trouver quelqu’un (prêtre) à qui se confier et par qui se ré-orienter vers Jésus-Christ, reconnu alors comme « sauveur » !
Comment continuer ? Le Pape répond dans le ‘message pour la 63ème journée des vocations’ : « Comme le jeune Samuel qui, dans la nuit, peut-être de manière inattendue, a entendu la voix du Seigneur et a appris à la reconnaître avec l’aide d’Élie (cf. 1 Sam 3, 1-10), de même nous devons créer des espaces de silence intérieur pour percevoir ce que le Seigneur a dans son cœur pour notre bonheur. »

Et vient la surprise : il s’agit de « percevoir ce que le Seigneur a dans SON cœur pour NOTRE bonheur » …

Voilà toute la joie du disciple… voilà l’Évangile dévoilé… pendant que nous « marchions, le cœur tout brûlant », pour reprendre les mots des pèlerins d’Emmaüs… (Lc 24). Et en ce lieu (de la conscience ouverte au Seigneur) personne ne peut intervenir sans notre accord, alors profitons-en et, avec le Christ, nous porterons le monde… et jusqu’à notre quotidien parfois plus lourd encore.

Qui nous volera notre bonheur ?

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Rédacteur.

P Rémi Griveaux

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