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Nous sommes des » réconciliés »… (St Paul dans la lettre aux Romains de ce dimanche, chap.5) Rendons-en grâce à Dieu ! Des réconciliés, des graciés… L’envoi de disciples en mission en est une attestation. Cet envoi est l’occasion et la dispensation d’un témoignage … immérité.
Explorons ce qui se passe : Si Jésus-Christ envoie en mission, il ne le fait pas indifféremment… Les Apôtres sont envoyés d’abord aux brebis perdues d’Israël, puis (après la Résurrection), au monde entier en plus d’Israël. Ce sont des hommes bien comme les autres, mais renouvelés par la puissance de l’Esprit Saint en eux : c’est-à-dire en déploiement d’une action de Dieu en eux. St Paul le dit clairement : il annonce sa conversion imméritée de Saül persécuteur et devenu Paul racheté, gracié, miséricordié (« à moi il a été fait miséricorde ») … On prête au Curé d’Ars le désir d’écrire sur le confessionnal : « Ici, on ressuscite » . Qui s’en priverait consciemment ?
Ainsi, envoyés 2 par 2, les disciples se présentent comme un témoignage de vie renouvelée, régénérée (cf. St Paul), partagée et qui fait qu’ils sont ensemble… Ceci devient tout autant une invitation à ce que la tierce personne qui les accueille s’intègre à son tour et accroisse ainsi la communauté naissante. Le témoignage est donc important… La fidélité des 2 qui a permis l’adhésion du 3ème est aussi. importante ; sans tarder apparaîtra la structuration nécessaire de cette communauté, non pas comme une société quelconque, mais comme un « organisme vivant », une « cellule » … dont l’embryon est le couple et la famille.
Ainsi construit, l’individu advient à la dimension de « personne » … et son humanité (relation d’amour) peut alors renaître de tous les faux-semblants et de toutes les blessures, de tous les péchés. Elle peut grandir… miséricordiée par la grâce de Dieu agissante et reçue.
Ce que le Pape Léon dépeint dans son Encyclique Magnifica humanitas §126. Il place son propos dans le rapport au progrès technique, mais cela vaut pour toute rencontre du monde. « C’est précisément cette imbrication d’institutions justes, de témoignages crédibles et de fidélités quotidiennes qui entretient l’espérance et indique une direction : faire progresser la technique sans faire régresser le coeur. C’est pourquoi l’humanité – magnifique et blessée – ne doit être ni remplacée ni dépassée : elle peut accueillir les progrès de la technique pour soulager les souffrances et ouvrir de nouvelles possibilités, à condition de ne pas renier ce qui fait d’elle ce qu’elle est, c’est-à-dire la capacité de relation et d’amour. À ce stade, une question décisive s’impose : s’il existe un authentique “plus qu’humain”, où se trouve-t-il ? La foi chrétienne y répond en indiquant un accomplissement qui ne découle pas d’une divinisation technologique, mais de l’opération de la grâce de Dieu reçue dans le Christ. Le véritable “plus qu’humain” : grâce et humanisme chrétien ! »
Qui se priverait sciemment de cette humanité nouvelle ? Les Sacrements (baptême, confirmation, Eucharistie, pardon et sacrement des malades, mariage et ordination) ainsi que la Parole de Dieu reçue, la vie évangélique partagée fraternellement (et témoignée) en sont des accès multiples… qui s’en priverait ?