Semaine du 17 mai 2026

L’attente de l’Esprit Saint

 

Parmi les dimanches du temps pascal, celui d’aujourd’hui présente un visage particulier. Situé entre l’Ascension et la Pentecôte, c’est un temps où l’Église est appelée, en chacune de ses communautés et chacun de ses membres, à persévérer dans la prière dans l’attente de l’Esprit Saint. Il est significatif que les trois textes de la Parole de Dieu entendus en ce jour nous mettent en présence de la prière de demande.

Comment attendre cette venue de l’Esprit Saint ?

Pour que la prière de demande à l’Esprit Saint trouve sa pleine vérité, il faut aussi tenir compte de ce que nous demandons : l’Esprit Saint. Promis par le Père et le Fils, envoyé par l’un et l’autre, il est le don par excellence comme le chantent les grandes prières de l’Église. « Viens Esprit créateur, don du Dieu très haut, source vive, feu, charité. Allume en nous ta flamme, emplis nos cœurs d’amour, affermis toujours de ta force la faiblesse de nos corps ».

Vivant dans l’espace et le temps nous sommes enclins à chosifier les réalités spirituelles et ainsi à demander l’Esprit Saint et ses dons comme des réalités que l’on reçoit et dont on dispose. Or je ne reçois pas la lumière de l’Esprit Saint comme une super-torche spirituelle que je pourrai manier pour éclairer tout ce que j’ai à faire ou comme une super-force que je n’aurai plus qu’à utiliser pour me redynamiser. L’Esprit Saint est Dieu, on ne met pas la main sur Dieu. On ne le reçoit que lorsqu’on l’accueille comme son Seigneur, et qu’on se laisse mener par lui.

Si pour le Fils, sa mission est plutôt de faire parvenir les hommes à la vie après la mort, avec l’Esprit Saint, l’homme est vivifié, renouvelé dans la vie dès ici-bas, justement pour qu’il soit rendu capable, par le Christ, d’avoir la vie éternelle auprès du Père : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu. » Jn 17 Connaissance qui conduit à la communion !

L’Esprit Saint est communion ; il est le lien même de l’unité dans la Trinité et dans l’Église. Cette unité est bien présente au Cénacle avec les apôtres : « tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière… ». Cette unanimité signifie que tous sont attachés à servir l’œuvre d’un autre, l’œuvre du Christ. Ils ne sont pas centrés sur eux-mêmes mais sur le Christ. De ce fait, ils ne travaillent pas
pour leur ego et tout ce qui peut le flatter. Les questions de personnes passent au deuxième plan. L’unité ne veut pas dire uniformité. Une bonne image de ceci est le chant polyphonique : tous ne chantent pas la même voix. Cependant, ils cherchent une harmonie. Il serait dommage que l’une des voix écrase toutes les autres. La beauté de ce chant vient de l’accord qu’il y a entre les différentes voix.

À l’imitation du Christ Sauveur, notre pèlerinage sur terre n’a qu’un but : glorifier le Père en portant du fruit, le fruit caché du silence de notre Nazareth, le fruit tangible de notre témoignage, le fruit plus douloureux de nos épreuves dans la prière ou dans la disponibilité à l’Église.

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Rédacteur.

P Thomas Mesidor

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